La mondialisation telle que nous la connaissions est-elle encore possible ? Dans ce 50e épisode du « Monde selon l’Ifri », Sébastien Jean, directeur associé de l’Initiative géoéconomie et géofinance de l’Ifri, décrypte les transformations profondes qui bouleversent l’ordre commercial mondial, pris en étau entre les États-Unis et la Chine qui ont tourné le dos aux règles multilatérales.
Le séisme américain
- En quelques mois, les États-Unis sont passés de l’une des économies les moins protégées (3,5 % de droits de douane) à l’une des plus protégées au monde (environ 17 %), dépassant même l’Inde
- Une architecture commerciale inédite, à géométrie variable selon les partenaires et les secteurs, qui fait de l’imprévisibilité un instrument de négociation assumé
- Un abandon explicite des règles de l’OMC au profit du rapport de force
La pression chinoise
- Des excédents commerciaux records (1 200 milliards de dollars au total) alimentés par une production industrielle massivement subventionnée
- Une épargne domestique réorientée vers les capacités manufacturières depuis la crise de l’immobilier
- Une concurrence d’une intensité inédite, y compris entre entreprises chinoises elles-mêmes
Le défi européen
- L’Europe, puissance normative fondée sur le droit, se retrouve prise entre ces deux dynamiques sans disposer des mêmes leviers
- Des vulnérabilités structurelles identifiées : principes actifs médicamenteux, terres rares, souveraineté numérique et financière
- Une nécessité de « mettre à jour son logiciel » : renforcer ses instruments de défense commerciale, investir dans ses filières stratégiques, préserver la cohésion de son marché unique
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