Le visage de la vie

‘Et vous, jeune écrivain, avez-vous quelque chose à dire, ou bien croyez-vous simplement que vous avez quelque chose à dire ? Si vos pensées ont de la valeur, vos écrits en auront aussi. Mais si votre expression est faible, c’est que votre pensée est faible ; si elle est étriquée, c’est parce que vous êtes étriqué. En ce cas, comment pouvez-vous faire naître l’ordre du chaos ? Vous devez étudier. Vous devez en arriver à lire avec compréhension ce qui s’inscrit sur le visage de la vie. Vous devez connaître l’esprit qui pousse à l’action les individus et les peuples, qui fait naître les grandes idées. Et travaillez. Ecrivez ce mot en majuscule, TRAVAIL, TRAVAIL, tout le temps. Les trois grands principes sont : BONNE SANTE, TRAVAIL, et une PHILOSOPHIE DE LA VIE. Je pourrais en ajouter un quatrième : la SINCERITE. Sans cette dernière, les trois précédents ne servent à rien. Avec elle seulement, vous pourrez accéder à la grandeur et siéger parmi les géants.’

Ces conseils à un jeune écrivain, rédigés en 1903, sont ceux d’un célèbre romancier américain, qui connaît alors son premier succès littéraire : il s’agit de Jack London, qui publie cette année-là son plus beau récit d’aventures, L’Appel de la forêt, que j’ai eu le plaisir de vous lire la semaine dernière.

Jack London

Né en 1876 d’un père qui ne l’a jamais reconnu, élevé dans les quartiers pauvres de San Francisco, Jack London a dû travailler très tôt pour survivre : enfant, il fut garçon de ferme, crieur de journaux, ouvrier à la chaîne. Puis, adolescent, nourris de ses lectures de Kipling, Melville, Stevenson, il part pour l’aventure : comme pirate, d’abord, sillonnant la baie du Sacramento, puis comme marin pour une expédition de chasse aux phoques dans l’Arctique.

Pour en savoir davantage : les grands articles engagés du journaliste Jack London

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